Pris sur DROME HEBDO

Posté dans général le 25 janvier 2013

Elle avait laissé entendre, il y a quelques semaines, qu’elle repartirait. Marie-Hélène Thoraval, qui a déjà constitué autour d’elle une équipe de campagne, s’est déclarée candidate pour les prochaines municipales 2014 à Romans-sur-Isère. À un peu plus de douze mois de l’échéance, l’actuelle leader de l’opposition aura fort à faire, d’une part, face au probable candidat socialiste Philippe Drésin et d’autre part pour rassembler au plus large les personnalités locales de la droite. Décriée dans son propre camp l’été dernier après sa défaite aux législatives 2012, en délicatesse dans ses relations avec le député UMP Patrick Labaune (réélu sur la première circonscription), cette femme de caractère y croit toutefois dur comme fer. Elle s’appuie sur son score de 2008, où, à une soixantaine de voix près, elle aurait pu siéger sur le fauteuil de première magistrate de la ville, à l’issue du scrutin. Forte d’un comité de soutien, de l’activité de l’association « Romans un nouvel élan », de son expérience de députée sur la quatrième circonscription et de sa connaissance du terrain, elle entend proposer un projet alternatif à celui de la majorité actuelle, avec une vision plus large que celle de la ville de Romans intra muros. Rencontre avec une femme politique de conviction.

Nous sommes début 2013 et se profile déjà les élections municipales de 2014. Êtes-vous la candidate de la droite ?

Marie-Hélène Thoraval : Une équipe a déjà été constituée, c’est une équipe de rassemblement. Nous avons fait le choix de nous affranchir des querelles de personnes pour ne privilégier que le projet. Je peux vous dire que c’est extrêmement productif. Chacun propose ses compétences et connaissances. Nous ne sommes pas dans une logique de parti et nous rallions même des forces centristes avec nous. On part ensemble, on a une stratégie, une vision du territoire. Nous avons de l’enthousiasme pour la ville. Je dis « nous », parce que derrière moi il y a toute une équipe, dont la principale caractéristique est la motivation. Nous voudrions pour Romans qu’elle tire partie de ses atouts : sa position géographique, son histoire, sa population, ses activités. Nous aimerions qu’une part plus large soit donnée à la création d’entreprises, qu’elle continue à se développer. Qu’on y amène de la vie, en quelque sorte ! Et qu’elle ne devienne pas simplement une ville dortoir, ce qui est un peu notre crainte.

Tout de même, vous avez vécu des moments difficiles avec des élus de votre bord, notamment après les législatives 2012 et plus récemment avec la création de l’UADC* dont vous ne faites pas partie. Qu’avez-vous à dire là dessus ?

Pour ce qui concerne la position très dure de Patrick Labaune à mon égard, je n’ai rien de plus à dire que ce que j’ai déjà déclaré l’été dernier. Je constate juste qu’il est souvent en conflit avec des personnes plus jeunes que lui en politique. À Valence, dans la perspective des municipales, il est en conflit avec Nicolas Daragon qui, pourtant, est un élu brillant, qui tient l’opposition depuis 2008 et n’a rien lâché. Nicolas Daragon est un peu dans la même situation que la mienne et j’aimerai vraiment que tous les deux, nous emportions les municipales 2014 à Valence et à Romans. Quant à l’UADC, comme vous l’ai déjà dit, je n’ai pas été invitée, ce qui est regrettable, vu ma connaissance du territoire. Mon principal soutien associatif, c’est Romans un nouvel élan, structure qui est très active depuis cinq ans, alors que l’objet de l’UADC n’est pas clair et que ce mouvement n’est pas actif. J’ai surtout l’impression qu’il a été créé pour semer la discorde. Nous, dans notre équipe, nous essayons plutôt de nous intéresser aux mutations sociétales des communes de moins de 5000 habitants sur l’ensemble du territoire et, au sein de Romans nouvel élan, à l’avenir de la ville.

Quel regard portez-vous sur la ville de Romans ?

Le taux de chômage y est beaucoup trop important et il faut arrêter de pratiquer systématiquement la politique d’assistanat. Je comprends l’isolement qui résulte du chômage, mais c’est l’accompagnement vers l’emploi qu’il faut faciliter avant tout et non pas arroser de subventions, sans jamais en évaluer les résultats. La majorité municipale actuelle contribue à créer de la fracture sociale, selon nous. La politique économique et sociale pour laquelle elle a opté n’est pas bonne, mais il y a également d’autres chapitres à améliorer.

La sécurité par exemple ?

Oui. Il ne faut pas se voiler la face, c’est toujours un gros problème sur Romans. Et pas seulement sur le quartier de la Monnaie, souvent stigmatisé, mais regardez le centre ancien, où les incivilités se multiplient et où les habitants n’en peuvent plus, car c’est devenu invivable ! La municipalité dégage des moyens, a augmenté les effectifs municipaux, mais cela ne sert à rien si l’on ne se donne pas d’objectifs. La seule chose qu’on ait vu perceptiblement augmenter sont les contraventions de stationnement. Par ailleurs, je suis favorable à l’armement de la police municipale : comment ne pas donner l’outil nécessaire aux agents pour le maintien de l’ordre et pour assurer leur propre sécurité ? Quant à la politique de prévention ou de pédagogie actuelle, la majorité municipale ne nous fait jamais de bilan. On ne sait rien de l’activité des correspondants de nuit, ni même de leurs références…

Quelles autres dossiers défendez-vous ?

Celui du patrimoine romanais qu’on laisse peu à peu partir en lambeaux. Nous sommes également très critiques sur la politique d’urbanisme et de circulation. Le centre ancien doit être le moteur de l’attractivité et les berges de l’Isère doivent être valorisées. Je rêve d’une ville où l’on pourrait flâner… Au lieu de cela, on veut nous faire un ring autour du centre : cela ne sert à rien. Un ring, ce doit être en périphérie. Cela va réduire le trafic automobile et favoriser les modes de déplacements doux : sur le papier cela paraît bien pour préserver l’environnement, mais Romans n’est pas une grosse métropole comme Lyon, ni autant polluée. L’offre de transport public n’est pas aussi développée qu’à Lyon et n’a pas autant de problématique de circulation. En entravant la voiture, on handicape le commerce du centre romanais. Défendre l’environnement c’est bien, mais pas au détriment du principe de réalité : Romans est une petite ville, avec la campagne à proximité et la majeure partie des gens y viennent en voiture. Ce sont d’eux aussi que vient l’activité économique. Romans doit se penser aussi avec sa dimension « Drôme des collines ».

Justement, pour vous, est-ce important d’avoir une vision plus large de la ville ?

Oui, c’est aujourd’hui indispensable. On se rend compte que beaucoup de décisions sont prises au niveau de la communauté d’agglomération. Mais l’avenir passera par une simplification du mille-feuille administratif. On ne peut pas prétendre réduire les dépenses de l’État et continuer à nourrir des syndicats intermédiaires parfois inutiles. À terme, je pense que l’échelle politique du Département n’existera plus et que beaucoup de choses devront et pourront se régler à un niveau intercommunal. On se rend compte aujourd’hui en Drôme que 60 % du budget du conseil général est consacré au social, une compétence qui peut tout à fait être prise en charge par les communautés de communes dans une plus grande proximité. À terme, j’imaginerai bien une structure, avec, en premier l’État, puis les Régions et les intercommunalités se partageant les compétences actuelles des Départements, sans pour autant faire disparaître l’unité géographique du département.

Cette vision plus large du territoire vous donne-t-elle des ambitions pour les législatives 2017 ?

C’est trop tôt pour le dire. Mais je ne vous cache pas que je songe déjà à cette perspective.

Cyril Lehembre

* UADC : Union pour l’avenir de la Drôme des collines, mouvement fondé par Gisèle Telmont, conseillère municipale d’opposition à Bourg-de-Péage, visant à rassembler personnalités et élus de droite sur l’ensemble de la circonscription. Un mouvement auquel Marie-Hélène Thoraval n’est pas intégrée.

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