L’union fait la France

A Trèbes et Carcassonne, le 23 mars dernier, la folie terroriste a de nouveau touché la France en emportant quatre des siens. Ils étaient nos compatriotes et nos concitoyens. Ils étaient des pères, des fils et des frères. Ils étaient aussi et surtout innocents.

Cet attentat a coûté la vie à 4 personnes, en blessant 67 millions d’autres et leur rappelant douloureusement que la menace demeure. Nous avons toutes et tous ressenti cette amertume, cette douleur vive provenant d’une plaie qui peine à cicatriser.

L’incompréhension est de mise, la colère de rigueur, le chagrin inévitable, la stupéfaction inéluctable et la détresse immense. Cependant, aucune haine n’honorera la mémoire des victimes ni n’ennoblira le deuil. Seule l’unité fera office d’hommage.

En effet, le devoir de mémoire que nous nous attachons à entretenir au fil des années tente de tirer les leçons du passé et d’aborder les évènements présents, aussi atroces soient-ils, avec l’humilité du juste. Une humilité grave, une humilité douloureuse, une humilité amère, certes, mais une humilité noble et sage. Une humilitéintrépide et valeureuse, comme le furent ces martyrs tombés sous les assauts aveugles de la barbarie.

Cette humilité, débordante de mesure et de tact, est à la fois notre meilleure défense et notre arme la plus précieuse. Elle empêche l’émotion de noyer la raison tout en nous offrant la lucidité nécessaire pour ne pas céder à la facilité perverse de la haine. Car c’est bien là tout l’enjeu : rester digne au milieu du chaos, rester ouvert malgré la peur, rester tolérant en dépit de l’appréhension, rester indulgent, humain, compréhensif, bienveillant, aimable, honnête et généreux coûte que coûte. Rester Français en somme.

On ne le répètera jamais suffisamment : abandonner une ou plusieurs de ces valeurs revient à céder du terrain à l’abomination. On ne le répètera jamais suffisamment : flancher, faiblir, reculer, fléchir, ployer, mollir ou s’incliner n’est pas envisageable. On ne le répètera jamais suffisamment : notre division fait la force de nos ennemis. On ne le répètera jamais suffisamment : la haine n’a ni couleur de peau ni confession, elle n’a de forme que celle que lui donnent ses adeptes et autres fanatiques.

Gardons-nous donc d’affaiblir ce qui garantit notre force, ce socle fait de nos différences, de nos valeurs et de nos complémentarités. Méfions-nous du cynisme et rejetons en bloc toutes les discriminations quelles qu’en soient leurs formes. Revendiquons nos singularités, cultivons notre individualité, soyons fiers de ces détails qui nous rendent uniques et affirmons collectivement que l’union fait la France.

Posté dans général le 29 avril 2018 | Commentaire (0)

La revitalisation pas à pas

De la réunion publique de restitution des résultats d’une enquête sur la piétonisation de la place Maurice-Faure, un élément ressort : changer les habitudes n’est pas chose aisée et satisfaire tout le monde relève de l’exploit. En ce qui concerne la place Maurice-Faure, et plus globalement le centre historique romanais, l’état des lieux est équivoque : la Cité de Jacquemart n’échappe pas à la nouvelle norme des centres-villes en proie à la désertification. Cela étant, le réalisme nous pousse à admettre que cette situation tient davantage des changements de l’offre et de la demande commerciale, de la multiplication des grandes surfaces en périphérie et de l’explosion des ventes en ligne que des choix d’urbanisme des communes concernées. Véritable secret de Polichinelle, ce constat ne souffre d’aucune contestation et les Romanais partagent celui-ci avec une pointe d’amertume. Pour autant, la désertification de la place Maurice-Faure n’a pas commencé avec sa piétonisation, et sa résurrection n’est pas une condition sine qua non du retour de la circulation et du stationnement sur ses pavés. Méfions-nous donc d’un esprit de dénigrement systématique qui nierait les nombreux efforts qui ont porté leurs fruits (tranquillité publique, embellissement, végétalisation, animations, patrimoine…). Aux dires de certains, le centre historique serait condamné à sombrer à l’instar du Titanic, mais il est essentiel de rappeler que la vie du quartier est intimement liée à l’image que ses habitants renvoient, et qu’il est d’une impérieuse nécessité d’en être les ambassadeurs plutôt que les détracteurs. La place Maurice-Faure avait d’ailleurs une place de choix parmi les courageux combats menés par le Maire Henri Bertholet, comme en témoigne le choix du revêtement qui devait précéder une piétonisation. Il s’était finalement cantonné aux chantiers visionnaires de Marques Avenue et de la place Ernest-Gailly, dont les succès respectifs parlent d’eux-mêmes. Ainsi, nous allons continuer à conduire ensemble celui de la place Maurice-Faure pour qu’elle redevienne un sujet d’extase et non un sujet de tensions.

Posté dans général le 29 mars 2018 | Commentaire (0)

Romans, « Serial innovateur »

Faire mieux avec moins : tel est le défi de Romans et plus globalement de l’ensemble des collectivités territoriales secouées par le désengagement de l’État et le contexte budgétaire global. Il s’agit d’un challenge périlleux mais accessible… à condition d’utiliser les bons ingrédients. En l’occurrence, l’inventivité, l’observation, la persévérance et la ténacité sont des vertus essentielles pour nous donner les moyens de nos ambitions.

Fidèle à sa réputation de « serial innovateur », la Ville de Romans s’est illustrée en 2017 en introduisant un dispositif unique en France : « La prime d’intéressement à la performance collective ». Si le terme apparaît complexe, le procédé l’est beaucoup moins et résulte d’un constat simple inspiré du monde de l’entreprise. Dans la sphère privée, les salariés travaillent pour que l’entreprise produise un chiffre d’affaires et perçoivent en conséquence un bonus sur la base de ce résultat. À la différence du secteur privé, la collectivité génère de la satisfaction pour ses administrés mais ceux qui œuvrent pour fournir ce contentement ne voient en aucun cas leurs efforts rétribués s’ils ont fourni un travail de qualité. Du moins pas avant que la Cité de Jacquemart ne s’en mêle !

Depuis lors, la « Prime de performance collective » instaurée à Romans permet à ses agents de se partager une enveloppe de 130 000 € (soit potentiellement 215 € pour les quelque 600 techniciens de la municipalité) en cas d’atteinte des objectifs de satisfaction fixés. Indexée sur l’assiduité, cette prime présente le double intérêt de réduire un absentéisme qui coûte plus de 1,5 million d’euros chaque année. Résultats ? 3 647 jours d’absences en moins, soit une économie de 510 000 € pour la commune et un taux qui tend à s’aligner sur celui du secteur privé.

En somme, le processus satisfait tout le monde puisqu’il est à la fois heureux pour les usagers (dont la satisfaction conditionne la délivrance des primes), motivant pour les agents (qui voient enfin leurs efforts salués comme il se doit) et bénéfique pour la collectivité (qui économise plusieurs centaines de milliers d’euros). Qui plus est, ces économies substantielles permettent de dégager des sommes conséquentes investies par la suite dans les projets d’envergure qui dessinent le Romans de demain.

Au-delà des résultats, salués à l’échelle nationale, ce mécanisme illustre que la volonté et la créativité, saupoudrées de bon sens, peuvent servir de terreau à des projets innovants. C’est en tous cas dans cette optique que se place la majorité municipale depuis plus de quatre ans, mettant la satisfaction de l’usager au cœur de ses préoccupations et l’avenir de la Ville au centre de ses résolutions.

Marie-Hélène THORAVAL

Maire de Romans-sur-Isère

Posté dans général le 19 mars 2018 | Commentaire (0)